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mardi 3 juillet 2018

Les carottes sont rapées


Le professeur posa doucement sa sacoche sur la table, essuya la chaise d'un coup de main. Le loubard de l'autre côté de la table, finissait de mâcher son chewing-gum. 

Le professeur sortit ses fiches et observa du coin de l’œil son élève. 
Lui, l’élève le fixait du regard.
"Bonjour" dit le professeur, "mouais" renvoya le loubard.
Le professeur raidi, le loubard affalé , chacun de son coté de la table : l'examen pouvait commencer.
Le professeur pour démarrer posa devant lui une feuille avec ses questions numérotées de 1 à 10. Elles étaient organisées par ordre de difficulté.
On avait 45 mn.

Mais le loubard, comme pour suivre le mouvement, sortit son téléphone portable. Et dans le silence de ce duo, l'unique vibration d'un texto rythma ce moment.
Ses doigts se mirent à gigoter sur l'écran et le temps passait.

Le professeur finit par émettre un "hum hum". La réaction fut immédiate : un bip de réponse réveilla les doigts qui reprirent de plus belle.

Le prof se mit à transpirer, la gorge sèche, il tira sa feuille à lui, il tira ses années d’expérience à lui, il ne voulait plus être ici.

Il ferma les yeux et une nouvelle vibration du téléphone finit par le mettre KO.

Il était là sur sa chaise mais les murs s'éloignaient, la tête en face, penchée sur son mobile grossissait : c’était l'horreur !

C'est alors, qu'il entendit les voies, les chants, qu'il vit les lumières : ambiance monastère.
L'homme qui était assis sous les vitraux se rapprocha, sa longue soutane blanche éblouissait et il ne pouvait en détourner son regard.
D'abord, l'homme lui posa la main sur l'épaule et le temps resta suspendu.
Puis l'homme disparu, les murs du monastère aussi.
Le professeur ouvrit les yeux et retrouva en face le loubard qui le regardait perplexe.
Combien de temps cela avait-il duré ?
Et le regard d'en face avait-il changé : plus faible et moins dur peut-être ?

Maintenant, le professeur dans son dos sentit un fusil en bandoulière lui cisailler le dos et avec la gibecière et les bottes, il ressemblait à son père le dimanche matin.

Il entendit le chien aboyer, s’énerver : c'était l'heure de la chasse.

La perdrix en face de lui, posée sur une chaise de l’autre côté de la table, tentait de se faire discrète, mais à cette distance c’était du cent pour cent : "in-loupable".
Il savait que ce soir il ne rentrerait pas bredouille, la famille aurait à manger.
Alors, la perdrix, d'une façon surprenante, leva un bras. L’élève hésitant finit par dire "j'abandonne, pour moi, les carottes sont râpées pour cette année !".

Vous voulez dire "cuites" je suppose dit le professeur.
Mais la porte avait déjà claqué.

dimanche 21 janvier 2018

L'unique

En vin saveur, en drap couleur, en fille pudeur.
Tout était réuni pour une soirée délicieuse.

Puis le doute, le sentiment d'une absence.
Il manquait quelque chose.
Nicolas le premier ressentit le vide. Tous n'étaient pas là.
Il y avait les amis, les amis des amis mais il n'y avait pas la principale, l'unique.
Je vous parle ici de sa petite sœur.

Le vin, les filles, les draps plus rien ne comptait alors.
Le lieu devint dangereux, trop grand.
On avait peur. Inquiets, où la chercher?

Le temps filait, la tension redoubla.
Nicolas cria et cria encore, c'était l'horreur.

Enfin, sa sœur entra, stupeur, et file la peur.

L'Atlantique

Des reflets agréables, de belles formes, c'est si doux.
Elle, présente juste là sur la plage tout au bout.

Avec ses lignes douces aux milles reflets de bijoux.
Doucement, elle émet ses sons répétés tout tout doux.

C'est comme un poisson qui à l'opposé regarderait, un peu fou.
Avec une envie folle de plonger de traverser, d'aller jusqu’à nous.

Elle va partir, sûrement comme à chaque fois, c'est établi un point c'est tout.

C'est un amour un grand espace pour moi pour nous.

Dans cet état, j’erre à ses côtés ou bien je plonge au risque de m'y perdre et de perdre vous.Des reflets agréables, de belles formes, c'est si doux.
Elle, présente juste là sur la plage tout au bout.

Avec ses lignes douces aux milles reflets de bijoux.
Doucement, elle émet ses sons répétés tout tout doux.

C'est comme un poisson qui à l'opposé regarderait, un peu fou.
Avec une envie folle de plonger de traverser, d'aller jusqu’à nous.

Elle va partir, sûrement comme à chaque fois, c'est établi un point c'est tout.

C'est un amour un grand espace pour moi pour nous.

Dans cet état, j’erre à ses côtés ou bien je plonge au risque de m'y perdre et de perdre vous

jeudi 18 janvier 2018

Luc et le Dragon

Il était encore une fois, car ce n’était pas la première fois, qu’un dragon enfermé dans son désert ne voulait voir que du jaune. Alors bien sûr, Luc le petit garçon qui transforme tout en chocolat ne pouvait créer que des problèmes à ce dragon et à son royaume jaune.

Un jour de grande canicule, Luc, accompagné de son fidèle ami le chien Felix, décida de traverser ce désert pour aller voir la mer, mais sous cette canicule : compliqué avec le chocolat et son propriétaire le dragon. En plus, si Félix le chien était de couleur jaune (ça va servir), Luc, lui, portait sa cape rouge. À peine le pied à terre, à peine sortis du bus, Luc et Félix ne pouvaient que regarder le véhicule se transformer en chocolat, puis doucement commencer à fondre.

Traverser, traverser peut-être une journée ou deux pour rejoindre la mer de l’autre côté. Luc guettait le moment où le dragon allait apparaître, fou furieux de voir une tâche rouge au milieu de son désert jaune et puis toutes ces traces de chocolat que Luc créait en marchant sur les cailloux. Au début du deuxième jour, la mer apparut au loin. Elle apparut d’un coup, exactement comme le dragon. Malin, ce dernier s’était approché à contre-jour dans le jaune du soleil. Il fonçait droit sur la tâche rouge, il allait dévorer Luc.

Luc réfléchissait tout en courant mais le dragon arrivait trop vite, la partie était perdue, il ne verrait jamais la mer. Soudain, Félix invisible aux yeux du dragon, sauta sur Luc et le recouvrit de tout son corps, de tout son pelage jaune. Luc prit cela au début pour le câlin ultime puis comprit le stratège. Il se recroquevilla sous le chien. Le dragon pesta, sa proie venait de disparaître. Après avoir tourné, il se posa là, tout près de nos deux compagnons invisibles.

Malin, Luc commença à toucher tous les cailloux et toute la poussière autour de lui. La nappe de chocolat grandissait, grandissait pour atteindre peu à peu les pieds de notre méchant dragon. Ils étaient maintenant tous les trois à patauger dans un lit de chocolat. Luc commençait à se noyer, il toussa, il bougea. Le dragon les aperçut. Il montra les dents, tira la langue mais le sol collant le fixait sur place. Luc et Félix le chien en profitèrent pour courir vers la mer. Le dragon lui, tentait de se lécher les pattes.


Luc et Félix couraient toujours, heureux d’avoir vaincu le méchant dragon, ils étaient à 100 mètres de l’eau, ils riaient, se bousculaient. Ils rentrèrent sans hésiter dans cette belle mer bleue et chaude. C’est alors que les dents acérées d’un énorme requin les déchiquetèrent dans un bain de sang. Attention un danger peut en cacher un autre.

samedi 25 novembre 2017

Les Mamans

Il y a trois cent quarante-huit ans, six mois et dix-neuf jours que les parisiens s’éveillèrent au bruit, l’avancée des mamans. Au début c’était un grand grondement et peu à peu du bruit, puis des cris, des chants. Un groupe bien formé comme une armée chantait aussi très coloré. Ni uniforme, ni d’unité : robe, jupe, châle, cheveux longs ou courts : toutes différentes. Chacune autour cherchait à comprendre ce mouvement, ce chahut. On était au cœur de Paris devant l’hôtel de ville. Alors le mouvement a stoppé, une maman s’est avancée devant les grandes fenêtres du bâtiment. Elle dit « dans 348 ans et six mois, vous verrez, nous n’accepterons plus ce harcèlement permanent. »