Le son est
sorti, la bouche a laissé échapper un oui ! - un oui franc qui claque, un oui
prometteur, une permission, un laissez-passer. Oui est la clé des portes
fermées qu’il rêve d’ouvrir, derrière lesquelles un Nouveau Monde s’annonce
dans la joie et la découverte, l’appréhension et le suspens qui serre sa gorge.
Il faut que Janus soit fou pour ne pas franchir le palier où quelqu’un l’attend.
Quelqu’un d’important, quelqu’un d’imposant, qui lui fasse un accueil spécial. Une
pression sur la fesse, un pince-fesse amical, comme une tape sur l’épaule, où
une poignée de main de fer, un grand coup dans le dos. Non, Janus ne
souffrirait pas un geste trop rude, une pichenette à peine effleurée, pas très
forte. Il n’aime pas la violence Janus. Pour qu’il soit à l’aise, que son
introspection vive, pour que son ça libère sa voix, qu’elle sorte et que Janus
se lance et vienne de sa bouche écraser le baiser offert.
samedi 24 mars 2018
La vie de Baptiste
Baptiste le
bienheureux poursuit sa route, et tente de garder l’équilibre, mais ce n’est
pas facile. Les marronniers de la place laissent tomber leurs fruits et
Baptiste manque à chaque instant de déraper, de glisser, pire, de tomber et d’abîmer
son joli costume. Haaaaaaaaaaaaa ! crie-t-il à chacun de ses pas, ouille !
sa jambe. Aille, ouille, haaaaaaaa ! jusqu’à l’inévitable chute. Il est
là, inerte, au sol, il perçoit des visages agglutinés autour de lui, certains
inquiets et d’autres moqueurs. Sa vie est un éternel haaaaaaaaaaaa.
Le magicien en boucle
Le spectacle
est grandiose, l’émerveillement est total ; personne n’enviait ces jeux et
oui le magicien a enfoncé délicatement l’épée dans sa gorge…. Le spectacle est
grandiose, l’émerveillement est total ; personne n’enviait ces jeux et oui
le magicien a enfoncé délicatement l’épée dans sa gorge…. Le spectacle est
grandiose, l’émerveillement est total ; personne n’enviait ces jeux et oui
le magicien a enfoncé délicatement l’épée dans sa gorge….
Le magicien
Le spectacle
laisse sans voix et oui le magicien sur scène est en train d’enfoncer
délicatement l’épée dans sa gorge, il peut rester seulement quelques minutes,
il semble à la fois terrifié et serein. Pour la retirer, il faut que quelqu’un
lui fasse une tape dans le dos, doucement, pas très fort, afin que ça sorte de
sa bouche.
vendredi 23 mars 2018
Le petit ours bleu
A peine est-il sorti de son cauchemar, qu'il voit, pourtant la nuit est noire, qu'il voit son ours bleu grandir démesurément et tout proche de lui, prêt à le dévorer. Le petit garçon recroquevillé dans son lit se surprend à faire : "Waouh", Waouh est le nom chéri de son ours bleu. Dés qu'il a crié, l'enfant retombe dans le sommeil où le cueille un malin rêve : Il se retrouve prisonnier méchamment dans une capsule spatiale, et ce pendant mille ans terribles ! Où heureusement ! A un moment donné difficile à situer, un rat salvateur vient rompre cette solitude en faisant "Olé, olé". Bien que l'enfant primitivement a une peur bleue des rats, mais mille ans de solitude même en rêve, minent cette phobie. Le petit garçon découvrant alors cela dit "Waouh", Waouh, c'est le nom qu'il donne à ce rat de compagnie orbitale. D'un seul coup encore, l'enfant engoncé dans des rêves multiples se retrouve sur une plage de sable fin, avec Thomas Pesquet, des femmes nues comme l'or et des arbres pleins de fruits, ainsi qu'un génie qui l'ignore superbement. L'enfant se rappelant une histoire avec des dessins demande à Thomas Pesquet qui même hors caméra et vol spatial est sympa comme tout, il lui demande : "Dessine-moi un ours bleu, s'il t'plait monsieur !"
Hougou Hougou
Dans un champs de vigne, près de Digne-les-Bains, vit un nain aveugle. Il meugle "Oui, oui, oui !!!". Mais il est si petit, si menu, qu'à moins d'être très près de lui, on entend "Hougou, Hougou". Est-ce les plants de vigne ou le vent céleste qui déforment les sons émis par ce bout d'homme ?
Ou bien sommes-nous sourds à ce qu'un nain si petit puisse être capable d'affirmations ?
"Cui, cui" dit l'oiseau champêtre, lui cuicuite sans que personne ne l'entende hougouter.
Un peu dégoûté, le nain est cependant heureux de ne point voir des êtres si sourds et il retourne sans façon faire un tour du champs de vigne, près de Digne-les-Bains, où vit un nain aveugle...
Le oui vibre
Le oui vibre, siffle, quelque part, vibrions entre ventre et poumons, dans une chrysalide de hasards, dans un choc de neurones, de synapses et de fatras, un lot d'histoires peu correctes.
Le nain aveugle n'est point muet, murmure en lui, un filet de dire, coincé à la racine d'une naissance et solo, rien ne sort, il faut que quelqu'un lui fasse une tape dans le dos, une touche sur la peau, pas très forte, une secousse d'envol, pour que sa voix flippe sa vie et que le flop d'un mauvais sort saute aux oreilles :
Oui, monsieur sait parler, oui, monsieur en a gros sur la patate, cela lui court sur le haricot, oui, il est pour la révolution, c'est pour cela qu'il est dans la rue, dans la foule et la résistance spontanée, fallait cela pour que ça sorte de sa bouche.
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