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vendredi 2 décembre 2022

Carine caquète

La cocotte de Carine caquète. COT, COT ! Sa concoction couleur kaki cocotte. KUF, KUF ! La coqueluche de sa coloc est coriace. COUGH, COUGH ! Cachée sous la couette, elle hoquète. HOK, HOK ! Pour retrouver de l’air, se retourne sans cesse ! SLASH, SLASH ! S’impatiente, interpelle son intendante. CARIIIIIINE ! Elle supplie, elle appelle, bêle … BEEH, du sel ! Les côtes de sa cage thoracique se contractent, encore et encore. COUGH, COUGH, COUGH. Elle tente de crier, mais reste cadenassée. Carine ne comprend plus ce que crie sa coloc, elle court. Sa coloc crache. Sa coloc croasse. Sa coloc s’écroule.

Phrases de diction

Carine a la cocotte qui caquète près du cagibi, ça cuit. Sa concoction couleur kaki cocotte pour calmer la coqueluche de sa coloc qui hoquète et s’écroule sous la couette.

Plusieurs poules perchées pavanent en chapeau et picorent sur la promenade des pizzas au pepperoni avant de partir plonger pour pécher des éponges.

Il pleut, l'eau s'infiltre de Laurence par Maeva

J’éponge, j’éponge, j’éponge, rien n’y fait. J’essore, j’essore, j’essore, ça s’écoule, ça pénètre, ça persiste. Il pleut chez moi. Chez moi, il pleut ! Je tente d’essuyer les murs, les sols, les plaintes, les joints, les meubles. L’eau est partout. Il pleut fort. Je dois trouver une solution. Après trois grandes inspirations, trois grandes expirations, j’entame le minutieux travail. Je sors des récipients et récupère l’eau qui tombe maintenant en grelots. Je regarde glisser les billes d’eau et les laisse s’écraser dans les bols. Il pleut des trombes ! Mon apaisement paie, je déploie une énergie à nul pareil pour tenter de récupérer l’eau qui ruisselle sur les murs. Je jette chaque bol plein par la fenêtre avec une douce satisfaction. L’eau monte. D’un calme olympien, j’observe les ruisseaux qui dévalent le mur comme des rideaux et assiste au délitement de celui-ci. Le plâtre s’écaille doucement comme on écale un œuf. Le bruit de l’eau m’apaise. L’eau monte tranquillement. Il parait que les bains froids sont un remède pour le corps. Je me sens portée par l’eau. Je suis comme une enfant qui fait la planche, enroulée dans un duveteux nuage de silence. Je n’entends plus l’écoulement de l’eau. Relaxé, mon corps s’abandonne et je contemple mon plafond que je touche presque du bout du nez maintenant.

vendredi 24 décembre 2021

un énorme vadérétroce

Un soir, alors que le mistral sifflait à travers les persiennes, l’une d’elles s’arracha et me fit sursauter de peur. Je couru à la fenêtre et vis un énorme vadérétroce qui s’était posé sur mon balcon. Le ciel noir en était rempli, ils volaient par centaines et vociféraient des cris stridents. Ils approchaient tel un nuage et se dirigeaient droit sur mon balcon. Mon cœur battait à mille à l’heure et je courus me mettre à l’abri sous ma moutoune, si douce et enveloppante. J’appelais en hurlant, mon Chachauve que j’avais recueilli dernièrement, il était d’origine égyptienne et se les pellait tout le temps, comme moi. Ma corneminette, elle, s’était déjà planquée dans le sac à linge. J’entendais les volatiles qui grinçait et donnait des coups de bec sur les carreaux. C’était certain j’allais finir comme un pigeon déplumé, becqueté, écharpé. Soudain les cris affamés et ricaneur se firent plus présents, plus forts. Je pris mon trafufle et écrivis un message d’adieu à ma mère, la fin était proche. Chachauve se faufila entre les draps et compta jusqu’à trois : un, deux, trois, pouf ! Quelques fois, je dois bien l’avouer, j’adore siroter plus que de raison.

C'est l'hiver

 C’est l’hiver et je sens que je ne peux plus mettre le nez dehors, ou alors seulement si j’enfile mon fassochaud et mes moufles. Et jamais la tête mouillée, malheur ! Passage au chaufficide obligatoire. C’est la période de l’année la plus éprouvante pour moi, mon corps est à rude épreuve et c’est d’ailleurs pour cela que je suis venue vivre à Marseille. J’ai mes secrets pour me réchauffer, ceci dit. Une bonne soupe maison, en deux temps trois mouvements les carottes sont passées au peleur, cuites au bouillon et sont avalées dans l’heure.

Au plein cœur de l’hiver, je sors ma dévineuse et me sers un petit verre. Ça coule dans la gorge, c’est doux. J’affectionne aussi le thé, aromatisé. Mon allié, le cipressoir, me permet d’ajouter le jus dans l’eau frémissante. Une fois le repas dégusté, j’utilise un énappeur et hop, tout part au poubelleur, pelures et miettes, citron et feuilles de thé ! Et lorsqu’il me reste quelques pièces dans mon griposous je m’offre une petite douceur, un réconfort, une douce chaleur.

L'or blanc

Je touche l'or blanc sans ressentir le froid. Je roule une boule sans douleur dans les doigts. Feutrés mes pas se font entendre dans l'immensité du silence enveloppant. Blanc blanc blanc. Seul au milieu du champ, je suis couleur. La blancheur éclatante étonne, scintille et impose le respect.

Cette neige est salvatrice, elle apaise l'agitation. Tout ce monde excité se met au chaud. Les bienveillants eux sortent la remercier. Souple, soyeux, enveloppante. Manteau de nature.

dimanche 18 octobre 2020

Larguer les amarres

Elle hisse la grand-voile,
Sous le regard des étoiles.
Arrosée par l’écume,
Elle regrette le bitume.


Quelle idée fantastique, encore une !

Ce voyage chaotique, sous la lune.

Si elle avait confronté sa maquerelle

Lorsqu’elle jouait encore à la marelle

Elle ne sortirait pas sans cesse du sentier

Et se construirait son terrier.


Mais encore et toujours,

Elle met à l’épreuve sa patience,

Elle cherche à connaître son essence,

Et renaître en plein jour.


Elle en connaît une flopée

De maudites mélopées,

Qui l'entraîne sur les routes 

Pour effacer ses doutes.


Et le soir, telle une araignée

Elle déconstruit sa toile,

Pour se sentir comme épilée,

Nue, et douce, à poil !


Et elle hisse la grand-voile.


Souvenir d’un coin de rue

Il était une fois une maquerelle qui tenait le pavé du côté de la rue des étoiles. Chaque jour, elle observait tout son petit monde. Et chaque nuit, elle tenait ses comptes immondes.

Le temps, c’est de l’argent, et des gens. Comme elle dénombrait ses liasses de billets, elle regardait, avec avidité, les passants qui, à chaque heure du jour, étaient différents. Ils défilaient, ils s’écoulaient.

 

Le matin, en sirotant son café, elle observait le voisin. Un homme frêle et charmant, qui ne devait pas manquer d’amant et qui entretenait une liaison platonique, avec une bouteille en plastique.


Mais son heure préférée, c’était celle du goûter. Les enfants excités, s’amusaient à épiler toutes les petites bêtes qui passaient. Un scarabée, une araignée, le gâteau à la bouche et les genoux dans les graviers.

La maquerelle riait de cette cruauté, et se sentait moins esseulée.