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vendredi 24 décembre 2021

Ô clair de Lune

Tout ce qui n’est pas cette Lune, ce garçon, cette rivière, ce pont, n’existe plus.

On dirait que les astres ont manigancé un alignement pour créer ce moment qui n’en finit plus d’être là. Monde insaisissable qui ouvre ses portes sur des moments inattendus. Ici le cœur jaillit de lumière. Une lumière vibrante qui m’enveloppe, qui m’enveloppe avec lui. Ô clair de Lune, clapotis de l’eau noire, plus rien ne compte que l’osmose immédiate, vibrante. Le bonheur réciproque, l’amour qui sourde de nous. Je le savoure avec reconnaissance, conscient qu’il n’y aura pas deux comme lui. Tout ce qui n’est pas cette lune, ce garçon, ce pont, cette rivière n’existe plus, quand je suis loin de lui.

 

mardi 1 décembre 2020

Qui est mieux servi que soi-même?

Ce jour-là [...] j'aurais voulu sortir crier sur tous les toits que OUI, il est possible de changer. Et c'est ce que j'ai fait. En descendant les escaliers j'ai croisé ma vieille voisine, et lui ai servi une remarque bien sentie quand elle a, pour la énième fois, ignoré mon "bonjour". Arrivée dans la rue je me suis défoulée sur un homme qui avait laissé son chien déposer son "offrande" par terre sans la ramasser. Ragaillardie, j'ai poussé jusqu'à toquer à la vitre d'une automobiliste garée en double file sur une voix de bus. Puis je suis allée boire un café au soleil. Je me sentais bien, légère. Un peu comme la première fois où j'ai osé quitter la maison alors que ma mère était en pleine crise. Comme quoi, on est jamais mieux servi que par soi-même.

D’ailleurs, je hèle le serveur pour un deuxième café, quand une femme s’installe face à moi et se met à téléphoner. Je ne me gêne pas pour lui dire que ce n’est pas une cabine téléphonique ici et que tout le monde n’a pas besoin de prendre part à sa conversation. Elle m’incendie du regard et se lève continuer sa communication à l’écart. Le serveur, ayant vu la scène, m’apporte mon café avec un œil sévère. Même reproches dans les yeux que celui de ma mère, quand je suis rentrée à la maison après sa crise. C’est quand même fabuleux, pas une once de reconnaissance ! Moi, je dis oui ! Il est possible que tout change ; les mœurs, le respect de l’un de l’autre, la liberté d’agir pour le bien de l’autre ! J’ai envie de faire parler le serveur. Qu’il dise tout haut ce qu’il pense, mais un octogénaire s’installe en face de moi. Il se met à commenter la lecture de son journal à voix haute, comme s’il était seul au monde. Je ne renonce pas et lui dit qu’il n’est pas seul chez lui. Il ne répond pas et continue comme si j’étais invisible. Je sens la rage monter en moi, comme quand ma mère refusait de m’écouter et faisait comme si je n’étais pas là. Je lui fais de grands signes pour qu’il me regarde, hausse la voix, et je vais même jusqu’à lui toucher l’épaule pour qu’il arrête. Là, c’est le serveur qui m’arrête, me prenant le poignet et me demandant de bien vouloir quitter la terrasse. Je vois le vieux monsieur mettre son sonotone à l’oreille et me regarder perplexe, je vois la femme de toute à l’heure, s’assoir et continuer son appel en sirotant un café, je vois les yeux des gens pleins de reproches et d’accusations. Je revois ma mère me prendre par le bras et me mettre dehors en criant : « accepte les gens tels qu’ils sont, dans leur pire côté comme dans leur bon ». Et moi me jouant d’elle en faisant la chorégraphie de « Give it to me » de Michael Jackson, la main à l’entrejambe. Face au serveur, je n’ai pas d’autre choix que de partir en faisant du moonwalk pour sauver ma peau.