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lundi 5 juin 2023

Turbulences

L'air est frais, la rivière est puissante. Un bon vivant, bien protégé par un beau manteau, se dégourdit les jambes à toute volée, il est venu pécher. Il s'installe sur un rocher, puis commence à patienter, et tandis que ses pupilles fixent l'eau, voilà qu'une dissonance sonore le déconcentre : Un violoniste, tout de noir vêtu, joue sans façon à ses côtés. Il a un air buté et passionné, comme possédé, par la musique produite. Le conflit éclate. Le citadin ulcéré, explose en injures, mais le bougre de musicien, continue à jouer, cherchant seulement, à accompagner, les mots vulgaires qui s'envolent, de notes toutes aussi agressives. Ce duo tapageur dure, car le musicien tient bien la cadence de la dispute et le pécheur dérangé, quoi qu’énervé, se refuse de déposer sa canne à pêche, pour corriger l'importun. Le silence vient soudainement. D'un coup, des poissons, une centaine, sortent leur tête de l'eau, et crachent sur les énergumènes, qui ainsi, prennent une douche, puis la poudre d'escampette.

La découpe animale

La puissance fertile du pigeon

La puissance du cri du goéland

La puissance chirurgicale du frelon à pattes jaunes

La vitesse du lézard

La force destructrice et saccageuse de l’éléphant 

vendredi 24 mars 2023

Vincent à la façon de Barjavel

Alors ma colère s'est mise à couler dans mes pensées. Le philosophe français Endhoven a écrit en 2020, qu'une colère peut n'être pas sincère, telle une personne qui a une blessure cicatrisée, s'exprime comme si sa plaie était ouverte. D'autres philosophes, sociologues, historiens, ont étudié ce phénomène. Je pourrai tourner ma colère contre moi-même, mais comme le disait Coluche, cela demande beaucoup de haine, se tuer et je m'aime trop pour cela. Et puis le suicide est aussi un phénomène social, comme l'a décrit le sociologue Emile Durkheim, et j'aimerai tant échapper à la société, disparaître du monde, fuir la pression du monde, telles les personnes étudiées par le sociologue David Lebreton, se couper des ressorts du passé.

Vincent & Fante

Je me suis rassise, en marmonnant des injures, alors que les gens autours, hystériques, roulaient de grands yeux. Le voleur, avait disparu dans la foule. J'ai pensé à Spinoza, à Federer, et à Pelè et à des gens du même genre. Maudit soit Tisseron, maudit soit Federer. Que tout ce monde, soit passé, à la moulinette. J'aurai dû buter cette racaille. Mes mains ont fait défaut. Maudite soit ma famille, ainsi que moi-même. J'aurai dû le tuer, ce kakou. Sois guerrière ! Oh Ricard, fous le camp ! pour l'amour du Boudha, disparais. Le mal et le bien ne valent rien face à la dimension de la détresse, y'a que la force qui force le respect, Zidane a raison.

dimanche 29 mai 2022

Il est tard (M)

Le ciel perd sens, quand vient le soir, dépravant et navrant, plus d'avant, que de l'après, de l'à peu prés, pour peupler, les pensées que j'ai, dans des jets de peurs. Les abeilles n'ont que du fiel, et les souvenirs, sont des soubresauts, de sottises. Les corneilles du square sont des squales silencieux, cessant leur envolées. Le soleil perdu n'atteint plus le zénith, c'est un zeste de bougie, qui noircit en un instant. Les gens du coin, figurent de pâlots passants, narrant des histoires tristes, dans leur pas lent. Les cœurs n'ont plus de sœurs, et les cieux sont partis. Les nuages ont des airs d'anges déchus, les trottoirs traînent des chants de ruisseau, la terre n'a plus de beauté antique, juste des nuées de poussières. La courtoisie n'a plus de lettre, et la noblesse n'est qu'un blason de sensations blasées. Le tournoi des chevaliers est fini, depuis grandes lurettes, les troubadours chagrinent place des fontaines. Nul ne cueille la fleur blanche et jaune, ça détonne en saison sèche, la foule n'a que la raison pour pousser dans la haine, la ronde des idiots, continue sa fougue, dans une drogue d'exaltations.

jeudi 10 juin 2021

Il est venu, il est parti

Il est venu, il est parti, avec des pas de danses et des idées arrêtées, une majesté de mouvements, et une fois le spectacle fini, une fuite éperdue. Il aurait voulu s'élever, mais n'était qu'un terrien, qu'un rien abattait, avec une folie d'exister lugubrement obstinée. Une fois la parade accomplie, le temps perdu n'est plus qu'un clou dans le cœur, courir dans tous les sens comme un poulet sans tête, pour que le pouls bat sans trêves, on y laisse bien des plumes et toute la santé.

Le Panda

Je peindrai ici, l'image du panda. C'est une bête sage, massive, toute occupée à ramener à elle, les feuilles de bambou, unique objet de son insatiable faim, toujours broyant la juteuse verdure, sous ses mâchoires mastiquantes; ours des plantes, il déploie sa dentition dans les plantations sauvages : Ce n'est point la gesticulation de l'autruche dans ses courses fuyantes, ni la marée des troupeaux de bisons, flamboyante de poussière, ce n'est point aussi, le sous marinage hostile des crocodiles. Le geste méticuleux est là, il est la majesté de la dégustation, de sa fourrure, il est l'alpha et l'oméga du modèle digestif, la nourriture, il l'aime comme un Italien des spaghettis. Sa faim est esthétique, si je vous présente ce modèle, avouez-le, vous le verrez mieux, le panda est un gourmet végane qui paresse à loisir, jamais repu de repas dans ces coins verts et je n'omets pas qu'il est l’emblème des animaux en voie de disparition.  

lundi 22 mars 2021

Mutique Observation

Le cri mou des canailles, loin de la rade, n'entrave point, le chafouin cannibale, désossant, amplement un cadavre de noyé, bien gonflé... Il s'applique vite, connaisseur saisisseur, de la découpe anatomique. La plage caillouteuse accueille les rejets de la mer, merveilleusement !

Oh les naufrages, heureux pour cette contrée, apportant leur lot d'objets peu vifs, pour décorer la côte de choses secouées... Cette île est une aubaine de grenier, ou le cannibale nu, fait ses emplettes pour corser sa cabane de branches de bois urbainement travaillés. Le sort en est jeté, comme les dés du hasard, et l'homme bronzé capture à loisir, ce que les entrailles des épaves larguent sur la plage de cailloux. La clé des distractions, c'est cette abondance d'excroissances maritimes, que la mer abondante déverse, sans réserve, et ou le bonhomme fou, joue à vivre, au milieu des océans.
Parallélépipède est la construction branchouillée, bidonnée et enchevêtrée de morceaux de tissus épars et bariolés couverts d'épaisseurs iodés. Syntaxiquement, mutiquement, tacitement, l'habitant errant, sur la terre volcanique brandit ses bras pour des jeux gestuelles sans réponses, face aux oiseaux trop haut pour autoriser un espoir de réponse, face aux gestes du dément, qui peste, à sa manière, de sa condition d'isolé désolé qui ruisselle sous l'action échauffante du soleil crâneur. Le spectacle journalier, qu'offre, les vagues venues de la mer finissant sur la plage, est une infinie beauté, pour l'homme voyant cela tous les jours, dans une métronomie totalement engagée dans la répétition des sons et des lumières. Indubitablement, le bizarre de la vie ilaire, ne rend pas atrabilaire, l'homme morne qui s'orne de rien. Anticonstitutionnellement, y'a pas de règlement, sur ce bout de terre où il ne fait pas fier.

Intermineralisinventiquestranarchophagipoesidanimzlierofragilus, y'a rien à dire, pour tenir sur cet îlot idiot.
Y'a les nuages plus oisifs que les oiseaux, pour arracher à la torpeur, l'homme morne basé sur l'insensé caillou douillé qui marine sur l’océan. Et les oiseaux sauvages comme des taches, s'arrachent du ciel pour rire autour de la pierre habitée de nids et d'illusions. L'homme aimant les pacotilles et l'exotisme, s'extase en silence des cris envahissants, blanchissant son cerveau déshabitué de paroles, des laconiques expressions que les becs dansants, lancent à cette terre blême.

Oh Vincent ! Tu tchatches trop fort !

Il entre dans le bar bruyant, et fait taire, le troubleur, en criant. En son for intérieur, pour lui, enfant avec presque rien, le bonheur est dans la tête, inventer est libérateur, alors après ça continue, inventer de peu, à la façon de Saint-Exupéry, pas comme Asimov. Faire du Mary Poppins, faire des mots et ne pas les perdre. Dans le bar tabagique, les accrocs aux jeux s'adonnent, lui regarde, on lui dit qu'il est poète, ça lui fait voir son visage dans l'aquarium.

vendredi 29 janvier 2021

De prison en prison

"On va s'en sortir !" Pathétique et épique, l'injonction a sa fonction. C'est un cri et une invite, sortir du sort mauvais, du maussade vernis des circonstances, dans la balance des hasards plus qu'hasardeux, qui fracassent tant de carcasses et de barques, le voyage est maudit, c'est un yoga gaga. J'essaye de tenir, petite sœur, les nuages ont des tours de passe-passe. Le port d'une plage crasse, abandonnée, et nous voilà dans la démence maritime, ultime appel légitime à vivre, sans un auvent d’orties contre l'écume, salement salée, et la brutalité du soleil, lumière brûlante des cieux écrasants, joués sur la mer, nous avons des tons de vassaux face au suzerain ciel qui nous étreint. Tant de violences et de désirs mêlés entraînent, des haines et des plaintes. Faut la soif des coins superbes, pour péter sa vie, contre tant de chocs, foncer comme des perdus, pour durer. Comme va lent, sot et typé, le réfugié fuyant dans le boucan des embuscades. Atteindre une île à pâquerette, sera déjà une aura, un hareng saur, dans la folie des hallucinations, de faims, de soifs, de fatigues, et d'espérances oppressés. Insensés de l'Europe, on y court comme des antilopes, aux antipodes de la réalité opposée à nos désirs. Prisonnier d'un camp, dans la rétention humaine, on a de quoi, au cœur faire vœux de bonheurs, à Lampedusa on usera la lampe du front de FRONTEX, on aura des orages magnétiques et avec nos accords sympathiques, on va sans sortir...


Le bruit des glaçons

Le bruit des glaçons dans des verres colorés, a la consistance du son d'une cascade, loin de Djibouti et de la boutique des Djinns, à Saint Tropez, c'est d'autres tropiques qui abritent sans insolence, la foule perdue des errants, cieux moins primitifs cependant, que celui de l'as de pique des pays défaits. là sonne enfin, la finesse des boissons qui bourdonne le la des fins des lassitudes. Marcher dans la rue, dans la langueur des touristes, c'est autre chose que les fuites incessantes des marcheurs accablés, défaits depuis tant de temps, que le ciel bleu trop vu est une couleur de blessure. il faut des césures sans mesures, pour botter hors d'un pays, des natifs désolés, qui ont la joie cependant, de chercher ailleurs, des paradis désirés. Et si le chemin est une lamentable et épuisante épreuve, tant de gens bousculés ont des idées de bonheurs, qui les poussent, à faire le pèlerinage des espérances, à travers déserts, et mers, tant pis, le départ est un rempart à la désespérance. Mille morts et mille cruautés plus tard, plus loin que le golfe de Gascogne, il sera temps de trouver repos et forces dans un pays d'arbres et de villes, où vivent les fruits des gascons, ou des buissons et oiseaux donneront le ton : Le buis à aigles à sons...

1001 Nuits Errance

Mille et une nuits, à attendre un jour. Une nuit éparpillée, arpentée de fantômes gluants dans des cauchemars choquants. Attendre une aube sombre. Prisonnier d'un temps qui passe peu, impasse ou des peuples hagards cherchent une gare. Les nuits sont des lieux de tumulte, ou remuent, les mues de l'existence. Brille et luit au cœur, tout ce qui fuit la peur. Dérive des songes, pleins d'émotions virulentes, éponges vives, frappe l'esprit pris en sommeils creux.

Jours minorés par des réalités lancinantes et lassantes. La nuit fait pire, elle épuise les standards, hors radars, des angoisses existentielles. Faudrait la mer, loin des traits tristes des jours. Évasion de nuit, dans la plastique flottaison. Le désert avance par crevasse, grille puits et dunes. Faudrait voir la mer, dans l'éclat du jour. Sortir de la nocturne bousculade. Tenir la barque, loin des errances manifestes des effondrements. Prendre goût aux vagues, pour aller ailleurs, dans la langueur ténèbre de la lune, faux soleil, mescaline d'apaches dans les ranchs défoncés. Tourner le dos au sommeil agité, pour agir dans la démence d'une évasion, prendre l'horizon et la tangente. S'évader de Tanger, pour arranger un peu sa mine, dans le désarroi des vécus. Évacuer la vacuité des trop pleins. Partir des tropiques, pour l'utopie des heures meilleures. Renverser des temps et des temps, retourner des quintaux d'Histoires.

Vivre la révolution, et tant pis, si l'aube est celle des fusillades, au moins file là, une des bruits, une dernière fois et cette perle que Zappata, n'a pu attraper, patatras, n'empêche, je n'oublie pas L’Émile et l'huître...

 

jeudi 17 décembre 2020

Doryphore Black

Doryphore Black 42 ans, secrétaire de direction, née à Londres, instable sentimentalement, groupie du groupe Nirvana durant son adolescence ou elle fait la punk avec des cheveux roses, et des habits rouges. Elle passe ses vacances, dans les alpes, a deux enfants, Célestin 12 ans, et Irène 10 ans, nés d'unions différentes.

Maxime Archibaldo né à Lièges, 65 ans, professeur de langues mortes. Il est discret, curieux, et aime les tableaux paysagés. Amoureux du langage, aime les couleurs pastels, et tout les alcools. S'est marié 4 fois, divorcé 3 fois, a sept enfants : Ziclon, 40 ans ; Béatrice, 27 ans ; Électron 25 ans, Anticipas, 22 ans, Élise 20 ans ; Blues 19 ans, Alexandrine 18 ans. Sa femme actuelle a 45 ans et se nomme Marguerite de la Réthondes, duchesse de son état nobiliaire.
En 1971 à 16 ans, il rencontre des tas de gens du monde musical flamboyant de l'époque, à Paris, notamment Jim Morisson, avec lequel il a eu une longue discussion.

C'est l'été, longeant les platanes cossus qui se plaisent dans le coin, Maxime hume l'air avec un air vague. Doryphore marche vite, filant sur le chemin qui la pousse vers la sortie, ou elle désire illico, se rendre, ainsi elle croise Maxime. Quoique ce soit l'été, des nuages sombres assombrissent le ciel et de fait le jour est bien tiède et la lumière hésitante. Comme ça la nuit vient rapidement quoiqu'il ne soit pas tard, et qu'il fait bon, l'air du parc est affable, avec tout les arbres du coin qui ne font pas de foin. Y'a pas de sons d'oiseaux, c'est le flegme du lieu, les perruches qui d'habitudes font des sons de ruches, ici sont taiseuses comme de bonnes anglaises le sont, lorsqu'elles se rendent au temple. Le parc est vide, ce qui est impossible mais qui est le cas, sans doute une cérémonie royale doit avoir lieu, pas loin, et les gens amourachés aux monarques, sont embarqués chez eux pour voir devant un écran, les grands qu'ils admirent. Le vent dans le feuillus d'ici, s'amuse à illustrer de toute une mélodie perçante, sa capacité sonore à surprendre son monde. Et en plus les grilles sont fermées, pas moyen de sortir:

-"C'est normal, le temps est à l'orage, damned !!!" s'écrie Doryphore, en sursautant et en rattrapant son chapeau en paille, équipé d'un moineau mignon, tout violet, en duvet artificiel made in china.
-" it's so british" dit Maxime en ajoutant" De nos jours, la ponctualité n'est plus d'actualité, c'est d'une évidence et nous sommes délités par le défaut d'altérité, qui nous irrite, l'hérédité jusqu'à discréditer le moindre savoir vivre, c'est clair comme de l'eau de roche, no future now !!!!". Doryphore répond :
-"C'est normal, sir, la vie continue, mummy is yelling no, le silence des oiseaux, nous interdit de black lister le monde, nous sommes dans une ronde perpétuelle..." Maxime répond :
"Non, ma pauvre dame, nous somme enfermé dans un maelstrom épais ou des coups d’épée vont nous pénétrer l'âme jusqu'à l'os, je ne crains, c'est évident" Doryphore lui dit :
"C'est normal, pour vous la vie est finie, mais je vous dis it's impossible, the life, je kiffe !" Maxime lui répond :
"Crénons de non, c'est votre Maxime à vous, la mienne, c'est que nous sommes perdu, irrémédiablement dans le dédale fatal de la condition humaine qui nous contraint à nous rendre à cette évidence, claire comme l'eau de roche qui vient d'une source vive, nous sommes fait pour la mort" Elle lui dit :
"C'est normal, pour vous tout est énormément mal, i beg you to dance the world wonderfull, the power flower, please !"
le monsieur lui répond :
"Shit !!!!"

 

dimanche 18 octobre 2020

Joyeux Macchabée

 La nuit tombe en mélopée, sur le cimetière, enveloppé de brumes. Il fait un temps à attraper un rhume, une flopée de gens sont déjà décédée ; ils sont sortis du sentier pour rentrer dans le terrier. Un voile de nuage cache les étoiles. Les enterrements se succèdent avec un succès dément ; on meurt à qui mieux mieux. Le temps est pluvieux. Une araignée, sous une pierre est au sec. La pluie sur le bitume fait comme une écume. L'araignée glabre, comme épilée, file son bon coton ; sa patience est l'essence de sa vie. Des enfants joue à la marelle dans une flaque, ce qui a le don, de donner à leur mère, une colère de mère maquerelle ; le père, tout juste enterré dans le coin, reste coi. Le tonnerre, fait un son chaotique, venant de loin, précédé d'un éclair fantastique.


mercredi 4 mars 2020

Céladon, votre artiste dévoué

Bella Stella,

Je ne vous ai point oublié mamours, la couleur de votre âme, marque la mienne à jamais, je ne sais cependant quand nous pourrons nous revoir, car il y a belles lurettes que j'ai passé la montagne rousse, et que toujours par monts et par vaux, on me demande par tous pays, afin d'accomplir magnificences rupestres et des tableaux mirifiques, que les grands nobles me commandent. 
Gardez à l'esprit, que quelques soient, les faiblesses de votre prince de mari, on lui doit notre rencontre par son désir de son portrait, qu'il a eu le bon choix de me demander.
Je suis flatté, que votre cœur soit vif de notre amour, cependant ayez esprit à garder raison, car je ne sais à quelle saison, on pourra se revoir.
La passion de l'art qui m'anime vous fera apparaître ici et là, dans quelques foules d'une passion du christ, dans toutes les églises d'Italie où ma main manie le pinceau...

Céladon, votre artiste dévoué

lundi 2 mars 2020

Lettre d'Amour

Chère Sarah,

Me voici à Tombouctou, où tout est beau. Depuis trois mois, que je suis ici, tout me fait penser à toi, le brouhaha de la foule, les aboiements des chiens, le piétinement des chevaux, le vol des corbeaux...
J'ai quitté Vesoul et sa musique, pour me rendre compte, que loin de toi, je suis un apatride; j'étais déjà amoureux de toi, à l'époque de l'école, mais je ne le savais pas, il me faut le voyage, de toute une vie d'adulte pour me défaire de l'abrutissement consternant de la société !
A la recherche d'or, de trésor, me voilà rendu à ma misère sentimentale, j'ai beau parlé huit langues, c'est la tienne qui me manque le plus...
Habillé en chamelier, j'ai l'impression de convoyer, toutes les imbécillités de nos vieilles cités. Je me souviens de nos jeudis, quand la fanfare municipale défilait dans son ronronnement de Trafalgar et que tu riais de l'autre côté de la rue, où ta blondeur me fascinait.
Tu me manques terriblement, je dors peu et sors de ma torpeur, quand un rêve farouche m'assaille de ta présence.
Tu peux te demander, comment en tant d'années, j'ai pu passer à coté de toi, sans avoir déclaré ma flamme, c'est qu'il me manquait au charbon de mon âme, le mal du pays qui a ton visage...
Comment se fait-il que depuis que j'ai quitté l'Europe et ses oripeaux, je t'ai tant dans la peau, je ne me l'explique pas, mon coeur est fétide, depuis que j'ai amorcé mon expédition et il me faut être au Sahel, pour voir le sel qui manque à ma vie, j'ai tout le temps pensé à toi Sarah, alors, que je traversé un bout du Sahara, et les touaregs avaient le bleu de tes yeux.
Je finis cette lettre, en disant :  je t'aime, à la lumière d'une lampe à pétrole et dans une nuée de sarabande de moustiques qui me perturbent l'acoustique.

Vladimir, au corps solide de conquistador, mais au coeur gonflé d'absences.