vendredi 29 janvier 2021

1001 Nuits Errance

Mille et une nuits, à attendre un jour. Une nuit éparpillée, arpentée de fantômes gluants dans des cauchemars choquants. Attendre une aube sombre. Prisonnier d'un temps qui passe peu, impasse ou des peuples hagards cherchent une gare. Les nuits sont des lieux de tumulte, ou remuent, les mues de l'existence. Brille et luit au cœur, tout ce qui fuit la peur. Dérive des songes, pleins d'émotions virulentes, éponges vives, frappe l'esprit pris en sommeils creux.

Jours minorés par des réalités lancinantes et lassantes. La nuit fait pire, elle épuise les standards, hors radars, des angoisses existentielles. Faudrait la mer, loin des traits tristes des jours. Évasion de nuit, dans la plastique flottaison. Le désert avance par crevasse, grille puits et dunes. Faudrait voir la mer, dans l'éclat du jour. Sortir de la nocturne bousculade. Tenir la barque, loin des errances manifestes des effondrements. Prendre goût aux vagues, pour aller ailleurs, dans la langueur ténèbre de la lune, faux soleil, mescaline d'apaches dans les ranchs défoncés. Tourner le dos au sommeil agité, pour agir dans la démence d'une évasion, prendre l'horizon et la tangente. S'évader de Tanger, pour arranger un peu sa mine, dans le désarroi des vécus. Évacuer la vacuité des trop pleins. Partir des tropiques, pour l'utopie des heures meilleures. Renverser des temps et des temps, retourner des quintaux d'Histoires.

Vivre la révolution, et tant pis, si l'aube est celle des fusillades, au moins file là, une des bruits, une dernière fois et cette perle que Zappata, n'a pu attraper, patatras, n'empêche, je n'oublie pas L’Émile et l'huître...

 

dimanche 24 janvier 2021

1001 Nuits Voyage

Les Mille et une Nuits.

La Dune du Pilat s’échappe de ses ganivelles

Dans sa tête, la voilà partie

Parfums de rose, souffleurs d’épices

Et les portes de l’Orient

Dans son cœur, la voilà éprise

D’un Touareg, un homme bleu

D’un génie, enfoui dans sa lampe

Le sommeil, saisissant

Annihile l’espace-temps

File, droit devant,

Vers les nuits éternelles du Pôle,

Et d’étoiles cardinales aux Aurores Boréales,

Elle devient fille du Froid

L’ami des Inuits

Mais voilà

Son subconscient la pousse à la fuite

L’extirpe, avec une poigne de fer

Et la rend, nébuleuse,

Aux plages des côtes d’argent

Devant ses yeux qui crépitent

Nul homme bleu de la nuit

Nul chaman Inuit

Mais… Emile, et une huître.


1001 polar

Les 1001 Nuits. C’est dans cet établissement du Boulevard d’Athènes qu’Emile avait rendez-vous. Un hôtel miteux du quartier Malakoff. Ambiance Cour des miracles. L’entrée sombre et poussiéreuse laissait apparaître, au fond d’un étroit couloir, une petite femme voûtée qui semblait murmurer. Emile s’approcha tout doucement, prudent comme un chat, jetant des regards furtifs autour et derrière lui. « L’ennemi est une huître, l’ennemi est une huître, l’ennemi est une huître », psalmodiait la vieille, assise au comptoir d’accueil, dos au tableau de clefs des 15 taudis que renfermaient cet hôtel à l’odeur nauséabonde. Ici, ça puait la mort. La vieille qui semblait folle ne leva même pas la tête. Elle poursuivait sa litanie le regard dans le vide. Emile comprit trop bien le message. Il attrapa les clefs de la chambre 15 et monta à grandes enjambées au troisième étage. Il ouvrit la porte. Trop tard… Yoesf Cohen agent du Mossad dit « l’huître » était pendu au plafond. L’agent Emile Gratssi grimpa sur une chaise et fourra sa main dans la poche arrière du jean du maccabé. C’était prévu comme ça. Il en sortit un message et su qu’il était grillé. Voilà ce qui était écrit : « l’Emile est une huître ».

Cyrano de Bergerac

 Cyrano de Bergerac, comme il a coutume de se faire appeler, est un homme fat, irrévérencieux mais plein de flouze. Il pourrait se faire appeler le mal-aimé. Avare, prétentieux, intolérant. Tous les défauts du monde concentrés dans Cyrano.

Un soir d’été, soirée guindée, néons multicolores éclairant le plan d’eau. Les cocktails coulent à flot. Cyrano se prête le diminutif de Sir. Les gens le prennent pour un noble, un bourgeois, un gars de la haute, qui va aligner les bouteilles. Gratis pour les convives, même s’il faut se taper la compagnie de ce foutu friqué ! Du moins, c’est ce qu’ils croient. Tout le monde prend sur soi pour boire à l’œil. Mais quand arrive le moment de payer la note, Sir refuse de régler pour les autres. L’élan est collectif et unanime, ils le jettent tous à l’eau, enfonçant sa tête à chaque fois qu’il ressort et rétorque un « Non ! je ne paierai pas » jusqu’à épuisement, jusqu’au moment où Sir à l’eau, émerge et raque. Cyrano a payé mais les convives ne sont pas pour autant satisfaits. La vengeance, ils la veulent. Veulerie se punit. Ils fustigent et préparent un traquenard, sur les deux berges, ils dévissent les lames de bois et y conduisent le roi, pour une ultime noyade. Ils l’acculent vers le point d’eau. Cyrano essaie d’esquiver trois casseroles, six râteaux, deux berges et crac !

samedi 23 janvier 2021

L'encre de tes yeux

L’encre de tes yeux, Jupiter, attise ma flamme

J’ai chevauché monts et montures

Âpres, rudes chemins parcourus, pour conquérir ton cœur

J’ai tout consumé de nos ébats

Ils m’ont paru longs, épuisants, enivrants

Je ne sais plus combien, comment, où, c’était quel endroit déjà ?

Je me revois en rut, toi Berger moi Taureau, moi Abeille, toi Groseille à maquereau

Toi pieuvre, moi Arlequin

Autant de jeux, de lieux différents, l’un contre six lieux.

Je n’avais pas de répit, métamorphose de l’amour,

je suis riche de toi, lourd de ton don de toi,

Je suis un poids de bonheur, une enclume heureuse, je meurs.

Jupiter, je suis à présent l’ancre de tes cieux.

1001 nuits sortie au cinéma

"Les Milles et une Nuits : deux places s'il vous plaît". Retrouver les salles obscures quel bonheur! Elles m'ont tellement manqué. Ces fauteuils rouges confortables, cette ambiance feutrée, ces grands écrans, les popcorns à volonté, les gens qui chuchotent doucement, en pensant que l'on ne les entend pas. Quand  ma meilleur amie, Camille, m'a proposée d'aller au ciné ; j'ai dis oui sans même connaître le film. Je lui fais confiance, elle a toujours eu bon goût. On arrive dans la salle. On est dans les premières  et  on s' installe au milieu pour être bien face à l’écran. Au fur et à mesure, la salle se remplit, les lumières s’éteignent  et les publicités et bandes annonces de film défilent, une retient notre attention : une comédie déjantée un nerf deux famines ce sera notre prochain film, c'est sûr !

Camille et moi ne nous sommes pas vus depuis deux mois. Nous faisions des skypes bien sûr mais ce n'est pas pareil, cette fois notre vie sociale a belle et bien repris et ça fait du bien !  On s'est connu au lycée et on ne s'est plus jamais quittées elle est devenue avocate et moi flic à la criminelle. Il nous arrive parfois de se retrouver sur des affaires elle défend des criminels que l'on arrête. Mais cela n'a jamais altérer notre amitié. 

Bon, ça y est, le film commence, la salle se tait. Premier plan : un bateau en pleine tempête pendant une  dizaine de minutes, qui, je dois bien l'avouer nous intrigue quelques peu… Deuxième plan : des pêcheurs installant leur étal dans un charmant port de pêche que l'on imagine en Bretagne.

Et là, le doute s'installe vraiment entre Camille et moi… et d'un coup nos regards se croisent et un fou rire  incontrôlable s’empare de nous,  Camille entre deux gloussements tente de me dire que l'on s'est trompé de salle ! On est en train de regarder un reportage sur un célère ostréiculteur « L'Emile et une huître ».

1001 nuits en prose

Les mille et une nuit se reflètent dans les eaux étoilées de la baie d’Arcachon

Petit clapot contre le branchage flottant

Douceur salée caresse les berges des pêcheurs

La marée est haute et le ciel s’éclaircit

L’aube apporte ses tons rosés et jaune

Le froissement d’ailes des oiseaux qui viennent picorer le millet inouï

La splendeur du matin aux airs incertains

L’eau se retire, soulevant le jupon impudique du fonds marin

La nacre des coquillages et le phosphorescent des algues

Un pied cependant coincé entre deux rochers

Un corps malheureux lesté et pesant

Une gourmandise assassine dévoilée par le vent

Arbitre la destinée celle de L’Emile et une huître